Jean-Baptiste était-il Essénien?

Ce blog parle essentiellement de Jésus. Pourtant, une autre figure emblématique des Evangiles était Jean le Baptiste.

Jean-Baptiste et Jésus

Il est à noter que tous deux ont commencé leur prédication exactement avec les mêmes mots:

En ce temps-là parut Jean Baptiste, prêchant dans le désert de Judée. Il disait: Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche. (Matthieu 3, 1-2)

Quant à Jésus, après avoir été tenté par « le diable », il commence aussi à prêcher, avec exactement les mêmes mots que Jean le Baptiste:

Dès ce moment Jésus commença à prêcher, et à dire: Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche. (Matthieu 4, 17)

Au-delà de sa personnalité, un fait reste établi: Jean-Baptiste était un Essénien. Mais qui étaient les Esséniens?

Jean-Baptiste au désert de Qumran? - Photo: Konrad Hofmann

Jean-Baptiste au désert de Qumran? – Photo: Konrad Hofmann

Les Esséniens

Le nom de ‘essénien’ semble venir du nom de « Hashmonaïm » חַשְׁמוֹנְאִיָם en grec: Ἀσαμωναίος, (Asamonaïos) que Flavius Josèphe a rajouté à la biographie des fils de Mattitiahou (Flavius Josèphe, Antiquités juives, 12, 6, 1, 265).

Pourtant, ce nom « Hasmonéen » ne figure quasiment pas dans les livres des Maccabées. Ce nom est de fait un surnom de la famille de Matittiahou appartenant à la classe des Cohanim (prêtres) de Yehoyariv. C’est cette famille de prêtres qui a mené la révolte contre les Grecs et les a jetés hors du Pays, avec l’aide des Romains, puis ils ont usurpé la royauté pour finir tous assassinés par Hérode, l’époux d’une Hasmonéenne.

Jean-Baptiste et sa classe de prêtres

Mais revenons à la classe de Yehoyariv. Effectivement, vingt-quatre classes de Cohanim se succédaient au Temple pour rendre le culte à l’Eternel, et changeaient toutes les semaines. Chaque classe représentait une famille différente. C’était d’ailleurs la classe de Flavius Josèphe, qui explique qu’il est de la première des classes:

Mais je ne suis pas seulement descendu de la race des sacrificateurs, je le suis aussi de la première des vingt-quatre lignées qui la composent, et dont la dignité est imminente parmi les autres. A quoi je puis ajouter que, du côté de ma mère, je compte des rois entre mes ancêtres ; car la branche des Asmonéens dont elle est descendue, a possédé tout durant un long temps parmi les Hébreux le royaume et la souveraine sacrificature. (Vie de Flavius Josèphe, 1, 2)

Flavius Josèphe est donc de la classe de Yehoyariv et semble même être parent des Hasmonéens.

Quant à Zacharie, père de Jean le Baptiste, il fait partie de la classe d’Abia, la huitième parmi les vingt-quatre classes de prêtres.  Donc, techniquement parlant, son fils Jean n’est pas Essénien, c’est-à-dire qu’il ne fait pas partie de la classe de Yehoyariv, celle qui a formé les Hasmonéens (si l’on considère que le mot « Essénien » vient de « Hasmonéen »).

Jean-Baptiste et sa vie au désert

Cependant, vivant dans les déserts (Luc 1, 80; 3,2), apparemment depuis son enfance, il a certainement fait retraite dans la communauté du désert.

Or, l’enfant croissait, et se fortifiait en esprit. Et il demeura dans les déserts, jusqu’au jour où il se présenta devant Israël. (Luc 1, 80)

Le mot « désert » est au pluriel, ce qui veut probablement dire qu’il allait de communauté essénienne en communauté essénienne. On connaît la communauté de Qumran, mais il y en avait d’autres, comme celle de Damas, par exemple.

Bref, Jean-Baptiste est une personnalité à étudier de plus près.

A très bientôt pour la suite…

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