Aujourd’hui, nous allons nous pencher sur le mot baptiste. Tout le monde sait qu’il s’agit de l’action de « baptiser ». Mais cela suffit-il à cerner le personnage?
Le mot ‘baptiste’: Quelle origine?
Que veut dire ce mot?
Que veut dire le mot מַטְבִיל (matbil) en hébreu?
La ‘טְבִילָה’ tevillah, comme son nom l’indique, s’exécute en se plongeant tout entier dans les eaux pour ‘se purifier’. Mais pourquoi se purifier?
רַחֲצוּ, הִזַּכּוּ הָסִירוּ רֹעַ מַעַלְלֵיכֶם, מִנֶּגֶד עֵינָי: חִדְלוּ, הָרֵעַ:… לְכוּ־נָא וְנִוָּכְחָה, יֹאמַר ה’; אִם־יִהְיוּ חֲטָאֵיכֶם כַּשָּׁנִים כַּשֶּׁלֶג יַלְבִּינוּ, אִם־יַאְדִּימוּ כַתּוֹלָע כַּצֶּמֶר יִהְיוּ: (ישעיהו א’, ט’ז; י’ח)
Lavez-vous, purifiez-vous, écartez de mes yeux l’iniquité de vos actes, cessez de mal faire… Oh! Venez, réconcilions-nous, dit l’Eternel! Vos péchés fussent-ils comme le cramoisi, ils peuvent devenir blancs comme neige; rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine. (Isaïe 1, 16; 18)
‘Le baptiste’: retour à l’origine
En fait le geste même de se plonger dans la mer, dans la rivière ou dans l’étang (ou dans les eaux du mikveh) rappelle l’état de l’embryon enveloppé du liquide amniotique. Donc, comme on se plonge totalement dans le mikveh, en fait on renaît. On renaît à une nouvelle vie, sans péché.
Comme le dit Jean le Baptiste:
Il (Jean le Baptiste) disait: Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche. (Matthieu 3, 2)
… et après lui, Jésus:
Dès ce moment Jésus commença à prêcher, et à dire: Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche. (Matthieu 4, 17)
Le baptême (tevillah) et la repentance (teshouvah)
Effectivement, la tevillah n’a d’effet que si l’on ‘se repent’, que si l’on passe de l’état de pécheur à l’état de repenti.
Tout d’abord, qu’est-ce que ‘pécher’?
D’après la racine hébraïque, ‘pécher’ (לַחְטוֹא) signifie ‘rater sa cible’. Nous avons un but à remplir en ce bas monde. Si nous dévions de notre chemin, nous ne pourrons pas atteindre notre cible. C’est cela pécher: c’est ‘rater sa cible’, c’est dévier du but qui nous est imparti.
Le meilleur exemple est celui du fils prodigue de la parabole:
Je vais retourner vers mon père et je lui dirai: Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. (Luc 15, 18-19)
Effectivement, il s’est détourné du chemin qui lui était imparti, qui était de vivre près de son père.
Le plus jeune fils ramassa tout et partit pour un pays éloigné, où il gaspilla sa fortune en vivant dans la débauche. (Luc 15, 13)
Ce fils doit donc opérer un ‘retour’ (תְּשׁוּבָה teshouvah) vers son père. Une fois revenu vers son père, il ne ‘pèche’ plus. Il est revenu au bercail. Il peut choisir une nouvelle vie, tant qu’il restera spirituellement près de son Père, il sera toujours dans la bonne voie.

Jean le Baptiste par Leonardo da Vinci – Source: Wikimedia Commons
