Tout d’abord, un postulat: la question de savoir si l’on croit en l’Eternel ou pas est tout-à-fait superficielle. Elle n’a en elle-même aucune valeur. En effet, que l’on croie en Lui ou pas, et de quelque religion que l’on soit, l’Eternel reste le même.
L’Eternel: définition?
Il faut en premier lieu comprendre ce qu’est l’Eternel, qu’on appelle aussi Elohim.
אֱלֹהִים Elohim est la force vitale qui traverse le monde. Cette force, personne ne peut la nier, car tout le monde en bénéficie, depuis le jour où il est conçu jusqu’au jour où le souffle vital quitte le corps, dès lors voué à la dégradation. Comme il est écrit:
כִּי־עָפָר אַתָּה, וְאֶל־עָפָר תָּשׁוּב:
car poussière tu fus, et à la poussière tu retourneras! (Genèse 3, 19)
Depuis, ce décret fatal nous tombe dessus, inéluctablement, le moment venu.
Quant à l’Eternel, comme son nom l’indique, c’est une notion de temps. De la même manière qu’on ne peut nier la force vitale, on ne peut pas non plus nier la notion de temps régie par le rythme des saisons, des années cycliques…
La semaine de sept jours
La semaine, par exemple, est bel et bien surnaturelle. Pourtant, elle régit le monde. Effectivement, chaque peuple, chaque nation a son premier de l’an qui n’est pas le même dans le monde entier. Le nouvel an chinois ne correspond pas au premier janvier, ni à Rosh Ha-Shana, le nouvel an hébraïque. Et cela ne gène personne. De même, le calendrier musulman vit à son propre rythme lunaire, sans tenir compte du cycle solaire, mais cela ne gène personne non plus.
Par contre, il n’en est pas de même de la semaine de sept jours. Effectivement, la révolution française a voulu instaurer la semaine de dix jours, et, contrairement à la révolution des mesures, qui apparemment ne gène personne non plus, la semaine de dix jours n’a pas pu survivre à la révolution française.
Un jour de la semaine est un jour de la semaine. Le jour de repos diffère. Il varie entre le vendredi, le samedi et le dimanche. Les jours portent des noms différents, mais le rythme de sept jours est respecté.

L’Eternel serait-il la clé de l’éternité? Et qu’en est-il des lois spirituelles? Source: hindigood000
L’Eternel est-Il mauvais de par son essence?
Ces grands principes sont de fait une grande boussole destinée à toute l’humanité. D’ailleurs, on les respecte, bon gré mal gré.
Cependant, certains mettent en exergue le mal qui semble régner dans le monde et prétendent que l’Eternel, dans sa dimension personnelle, est un Seigneur jaloux, qui laisse faire le Mal sur la terre et qui ne se soucie nullement du sort de ses créatures.
C’est oublier une grande leçon rappelée dans la Torah:
L’Homme choisit de faire le Mal, alors que l’Eternel (certains diront leur petite voix interieure) les en dissuade:
הֲלוֹא אִם־תֵּיטִיב, שְׂאֵת, וְאִם לֹא תֵיטִיב, לַפֶּתַח חַטָּאת רֹבֵץ; וְאֵלֶיךָ, תְּשׁוּקָתוֹ, וְאַתָּה, תִּמְשָׁל־בּוֹ:
Si tu t’améliores, tu pourras le supporter, sinon le Péché est tapi à ta porte: il aspire à t’atteindre, mais toi, tu le domineras! (Genèse 4, 7)
Voilà, c’est tout le problème de Caïn et après lui, de l’humanité: alors que l’Eternel (sa petite voix intérieure) lui ordonnait de dominer sa tendance au Mal, il a allègrement passé outre et a obéi à son mauvais penchant.
Caïn a été puni, non pas seulement pour avoir tué, mais pour s’être éloigné de l’Eternel en obéissant à son penchant au mal. Comme le retrace son destin, très symbolique:
נָע וָנָד, תִּהְיֶה בָאָרֶץ
tu seras errant et fugitif par le monde. (Genèse 4, 12)
C’est le destin de tout homme qui s’éloigne de la Source de Vie, de l’Eternel, de son penchant au Bien, indépendamment de sa propre religion et de ses propres croyances, car ce grand principe est absolument universel.
Le grand Retour à l’Eternel
Un autre grand principe absolument universel est que chaque homme, quel qu’il soit et indépendamment de ses croyances et de sa religion (y compris l’athéisme), peut changer de voie et, ce faisant, se rapprocher de l’Eternel, de cette force de vie qui traverse toute l’Humanité et toute la Création. Car ainsi se termine la Torah, en réponse à Caïn et à son choix de suivre son penchant au Mal:
הַעִדֹתִי בָכֶם הַיּוֹם, אֶת־הַשָּׁמַיִם וְאֶת־הָאָרֶץ הַחַיִּים וְהַמָּוֶת נָתַתִּי לְפָנֶיךָ, הַבְּרָכָה וְהַקְּלָלָה; וּבָחַרְתָּ בַּחַיִּים לְמַעַן תִּחְיֶה, אַתָּה וְזַרְעֶךָ
J’en atteste sur vous, en ce jour, les cieux et la terre: j’ai placé devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction; choisis la vie! Et tu vivras alors, toi et ta postérité. (Deutéronome 30, 19)
