Faut-il observer les mitsvoth?
Aurait-il fallu mettre au rebut des mitsvoth comme la circoncision, la cacherout, l’observance du shabbat, des fêtes?
En disant: une alliance nouvelle, il a déclaré la première ancienne; or, ce qui est ancien, ce qui a vieilli, est près de disparaître. (Hébreux 8, 13)
La toute première communauté judéo-chrétienne, au tournant du IIe siècle, veut respecter la Loi, les commandements de la Torah, comme le prônait Jésus leur rav.
Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul yod ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé. (Matthieu 5, 18)
Mais ils ne veulent pas les imposer aux Chrétiens venus du monde païen. La raison en est que les commandements imposés par le rite juif sont trop lourds à porter et sont, de ce fait, source de transgression.
Maintenant donc, pourquoi tentez-vous Dieu, en mettant sur le cou des disciples un joug que ni nos pères ni nous n’avons pu porter? (Actes des Apôtres, 15, 10)
L’abandon des mitsvoth
Mais personne n’avait prévu que, le temps passant, les Chrétiens d’origine païenne deviendraient la majorité, et que les mitsvoth traditionnelles seraient abandonnées, au profit de la grâce et de la foi seules.
Les mitsvoth, pour quoi faire?
Mais au fait, pourquoi abandonner les mitsvoth avant même d’avoir compris leur principe et leur utilité? Est-ce seulement pour faire ressortir la faiblesse et le péché des Juifs, de ceux qui sont « sous la Loi (Torah) »?
Prenons par exemple la circoncision. Les Chrétiens ne se font plus circoncire. Mais avant de rejeter la circoncision, ont-ils compris la signification et l’importance de la circoncision?
De même, avant de rejeter les lois de la cacherout, ont-ils compris pourquoi la cacherout?
Le chemin des mitsvoth
Et si, en rejetant les mitsvoth, ils s’éloignaient de la seule voie qui conduit au gan Eden, de la seule clef qui permettrait d’ouvrir le chemin vers l’Eternel?
Serait-ce présomptueux de ma part d’affirmer une telle chose?
Est-ce qu’en-dehors du judaïsme, point de salut?
Mais non.
Comme l’affirme Paul Shaül, les non-Juifs peuvent respecter la Torah sans la connaître, exactement comme des Juifs peuvent transgresser la Torah tout en la connaissant:
Quand les païens, qui n’ont point la loi, font naturellement ce que prescrit la loi, ils sont, eux qui n’ont point la loi, une loi pour eux-mêmes; ils montrent que l’œuvre de la loi est écrite dans leurs cœurs, leur conscience en rendant témoignage, … La circoncision est utile, si tu mets en pratique la loi (Torah); mais si tu transgresses la loi (Torah), ta circoncision devient incirconcision. (Romains 2, 14-15; 25)
La pérennité de la Torah
Quoique… même si on transgresse la Torah, on reste toujours Juif, car être Juif n’est pas faire partie d’une religion, mais d’une nation. Si on renie le judaïsme, on en est originaire. On peut quitter le judaïsme, mais le judaïsme ne nous quitte jamais vraiment.
La Torah, c’est comme le temps: elle est éternelle. Elle ne peut être ni vétuste, ni caduque. Il faut simplement l’étudier avec attention et respect pour pouvoir la comprendre.
Donc, en résumé, il aurait fallu d’abord comprendre les mitsvoth qui nous ont été données par l’Eternel avant de les jeter aux orties.
Mais est-ce possible?

La pause du Shabbat, par Alexander Johnson (1816-1891)
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