Un événement de foi troublant est arrivé dans la vie de Jésus:
Il a marché sur les eaux. Et comment cela est-il arrivé?
La foi de Jésus
En compilant les témoignages des Evangiles, on comprend ceci:
Quand les disciples le virent marcher sur la mer, ils furent troublés, car ils le voyaient tous, et dirent: C’est un fantôme [דּחֵזוָא הוּ דַּגָּלָא une apparition mensongère]! Et, dans leur frayeur, ils poussèrent des cris. Jésus leur dit aussitôt: Rassurez-vous, c’est moi; n’ayez pas peur! Pierre lui répondit: Seigneur, si c’est toi, ordonne que j’aille vers toi sur les eaux. Et il dit: Viens! Pierre sortit de la barque, et marcha sur les eaux, pour aller vers Jésus. Mais, voyant que le vent était fort, il eut peur; et, comme il commençait à enfoncer, il s’écria: Mon maître [מָרי], sauve-moi! Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit, et lui dit: Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté? (Matthieu 14, 22-33; Marc 6, 45-52; Jean 6, 16-21)
Ce passage de Pierre qui marche sur les eaux n’apparaît que chez Matthieu. Il figure certainement pour asseoir la succession de Pierre à Jésus. Mais Pierre coule. Son assurance a donc certaines limites.
Qu’est-ce que la foi?
En effet, marcher sur les eaux, dans cet épisode, témoigne d’une grande foi. Mais qu’est-ce que la foi? Est-ce une foi dans les miracles? On voit Jésus marcher sur les eaux, et on croit? Mais maints épisodes bibliques nous persuadent que cela ne suffit pas pour asseoir une croyance solide et inébranlable en l’Eternel, comme pendant la période de la sortie des Hébreux d’Egypte, alors que les Hébreux ont été témoins de nombre de miracles, ou alors du temps d’Elie le prophète, qui fit maints miracles, lui aussi, avec son successeur Elisée, mais cela ne suffit pas pour les gens de leur génération pour tourner leur cœur uniquement vers l’Eternel.
La foi des Patriarches
Croire, en effet, est une foi qui se passe de miracles. C’est une foi selon les Patriarches pour qui nul miracle n’est opéré. C’est une évidence. On a conscience qu’on est comme un fœtus entouré de protection, d’amour, qu’il ne peut rien nous arriver.
Quand on est dans l’eau de la mer, on sent qu’on est porté par la mer. Si on coule, c’est que la mer est très agitée, ou alors on a peur et on panique. C’est donc le contraire de croire.
Que veut dire croire?
Jésus appelle Pierre ‘קְטן אֱמוּנָה’, Ketan Emouna ‘homme de peu de foi’.
La racine א.מ.ן (a.m.n.) signifie ‘soutien, digne de confiance, fidélité, loyauté’ quelles que soient les circonstances. Elle suggère une sorte de roc inébranlable. Cette Emouna se concrétise par un passage à l’action positive qui témoigne de la confiance que nous mettons en l’Eternel.
Alors, un ‘homme de peu de foi’ serait à la tête de l’Eglise? Mais c’est une autre histoire…
Il se peut qu’entre nous et Jésus, entre nous et les Patriarches, il y ait la peur et l’incrédulité…
La peur et l’incrédulité enracinées dans l’inconnaissance de l’Eternel.
Et pourtant…
לֹא־יָרֵעוּ וְלֹא־יַשְׁחִיתוּ, בְּכָל־הַר קָדְשִׁי: כִּי־מָלְאָה הָאָרֶץ דֵּעָה אֶת־ה’, כַּמַּיִם לַיָּם מְכַסִּים:
Plus de méfaits, plus de violences sur toute ma sainte montagne; car la terre sera pleine de la connaissance de Dieu, comme l’eau abonde dans le lit des mers (Isaïe 11, 9)

