Le Temple de Jérusalem et Jésus

C’est le Jour de Jérusalem, cinquante-neuf ans après la libération de la ville. D’habitude, nous laissons la voiture à l’entrée, sous le pont des Cordes, et parcourons la ville à pied. Rien de mieux pour découvrir la ville en son jour de fête. Maintenant, essayons d’imaginer le Temple de Jérusalem avant sa destruction.

Mais découvrons l’essence même de Jérusalem :

En hébreu, יְרוּשָׁלַיִם (Yerushalayim, Jérusalem) est composé de deux mots : יְרוּ et שָׁלֵם. Yeru (יְרוּ) était le nom donné par Abraham à cet endroit :

 ה’ יִרְאֶה ‘Adonay Yr’eh, l’Éternel pourvoira’ (mot pour mot : ‘L’Éternel verra’)

בְּהַר ה’ יֵרָאֶה ‘Behar Adonay Yera’e’, ‘Sur la montagne de l’Éternel, cela sera vu’ (Genèse 22, 14).

Ce mot יִרְאֶה rappelle que le Seigneur a donné à Abraham un bélier à la place de son fils, en sacrifice.

La deuxième composante de יְרוּשָׁלַיִם (Jérusalem) est שָׁלֵם (Shalem), autre nom de Jérusalem, ville du roi Melchitsedeq (Genèse 20, 18), qui signifie « tout, entier », mais aussi : « Paix ». Dans la tradition juive, on prononce : יְרוּשָׁלַיִם Yerushalayim «שָׁלַיִם », « Shalayim », « Les deux paix ». Depuis la réunification de Jérusalem le 28 Iyar 5727 (7 juin 1967), cette signification a pris une dimension particulière, en référence au verset :

יְרוּשָׁלִַם הַבְּנוּיָה  כְּעִיר, שֶׁחֻבְּרָה־לָּהּ יַחְדָּו. (תהלים קכ’ב, ג’)

Jérusalem est bâtie comme une ville unie et solidement ancrée (Psaume 122, 3)

 Le Temple à  l’époque de Jésus

Hérode venait d’achever la reconstruction de l’enceinte du Temple.

Comme certains s’émerveillaient du Temple, de la beauté de ses pierres et des offrandes qui y étaient consacrées, Jésus leur dit : « Quant à ces choses que vous admirez maintenant, le temps vient où il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit renversée. (Luc 21, 5-6)

Quarante ans plus tard, la prophétie s’accomplit. Le joyau de Jérusalem est détruit et Israël s’en va en galout, en exil.

Le Mont du Temple aujourd’hui

Désormais, chacun peut pratiquer son culte librement et profiter d’une vie culturelle et artistique très riche, puisque toute la Jérusalem moderne est sous juridiction israélienne. Toute ? Non ! Car un petit coin de Jérusalem reste encore sous domination étrangère : le Mont du Temple.

Chacun peut y pratiquer son culte librement, à l’exception bien sûr des non-Musulmans. Il est strictement interdit à tout non-musulman de prier sur le Mont du Temple, et même de murmurer des prières.

Jésus étant Juif, il aurait été chassé du Temple aujourd’hui. Sans aucun doute.

Le Temple et Jésus

Mais il faut dire aussi que le temple de Jérusalem a toujours protégé Jésus de tous ceux qui en voulaient à sa mort. En effet, il est écrit:

Ils revinrent à Jérusalem ; et comme (Jésus) se promenait dans le Temple… (Marc 11, 27)

C’était la fête de la Dédicace à Jérusalem. C’était l’hiver, et Jésus se promenait dans le Temple, sous le portique de Salomon (Jean 10, 22-23).

Or, si Jésus pouvait se promener dans le Temple tranquillement, alors que sa tête était déjà mise à prix, cela signifie qu’à Jérusalem, on le protégeait. On l’entourait pour que rien ne lui arrive. Probablement, les Cohanim, les Sadducéens comme on les appelait alors. Certains en voulaient à sa vie, mais pas les Sadducéens, qui sont des Cohanim, puisqu’ils protégeaient Jésus.  Si Judas Iscariote ne l’avait pas trahi, il aurait pu vivre bien plus longtemps.

Jésus au Temple de Jérusalem - Source: Wikimedia Commons

Jésus au Temple de Jérusalem – Source: Wikimedia Commons

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