Oui, quelle importance accorder aux mitsvoth? Jésus n’est-il pas venu pour les annuler? Après tout, Juifs et non-Juifs, nous sommes tous égaux: plus de mitsvoth pour nous différencier. Il suffit de « croire ».
…en Jésus Christ, ni la circoncision ni l’incirconcision n’a de valeur, mais la foi qui est agissante par la charité. (Galates 5, 6)
C’est ce que pensait Paul, qui a annulé toutes les mitsvoth pour inclure dans le mouvement messianique naissant toutes les personnes attirées par la personne de Jésus, sans leur imposer même ce qu’on appelle en général les « sept mitsvoth de Noa’h« .
Faut-il annuler les injonctions divines?
Pourtant, Jésus n’a rien voulu annuler de la Tradition hébraïque:
Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi* un seul iod** ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé. (Matthieu 5, 18)
Paul serait-il allé trop loin dans son abandon volontaire des mitsvoth?
Jésus et les mitsvoth
Il est vrai que Jésus accordait peu d’importance aux mitsvoth comme l’ablution des mains, par exemple.
Ne comprenez-vous pas que tout ce qui entre dans la bouche va dans le ventre, puis est jeté dans les lieux secrets? Mais ce qui sort de la bouche vient du cœur, et c’est ce qui souille l’homme. Car c’est du cœur que viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les impudicités, les vols, les faux témoignages, les calomnies. Voilà les choses qui souillent l’homme; mais manger sans s’être lavé les mains, cela ne souille point l’homme. (Matthieu 15, 17-20)
Ce n’est pas que Jésus est contre l’ablution des mains, mais ce qu’il dit, c’est que si on a un cœur souillé par les mauvaises pensées, elle est inutile. Ce qui compte, pour Jésus, c’est l’état de notre for intérieur, de notre âme. Notre for intérieur, c’est notre Temple. Tout ce qui est extérieur à nous, comme les qorbanot, les sacrifices, n’a de valeur que si notre for intérieur est « nettoyé », s’il est apte à faire assez de place pour une relation avec l’Eternel, de celles qu’avaient nos Patriarches avec l’Eternel, sans qu’ils aient besoin de sacrifices.
Jésus et Isaïe
Comme le dit le prophète Isaïe, que Jésus cite souvent:
לָמָּה־לִּי רֹב־זִבְחֵיכֶם יֹאמַר ה’, שָׂבַעְתִּי עֹלוֹת אֵילִים וְחֵלֶב מְרִיאִים; וְדַם פָּרִים וּכְבָשִׂים וְעַתּוּדִים, לֹא חָפָצְתִּי: … רַחֲצוּ, הִזַּכּוּ הָסִירוּ רֹעַ מַעַלְלֵיכֶם, מִנֶּגֶד עֵינָי: חִדְלוּ, הָרֵעַ: … לִמְדוּ הֵיטֵב דִּרְשׁוּ מִשְׁפָּט, אַשְּׁרוּ חָמוֹץ; שִׁפְטוּ יָתוֹם, רִיבוּ אַלְמָנָה: (ישעיהו א’, י »א-י »ז)
Que m’importe la multitude de vos sacrifices? Dit le Seigneur. Je suis saturé de vos holocaustes de béliers, de la graisse de vos victimes; le sang des taureaux, des agneaux, des boucs, je n’en veux point… Lavez-vous, purifiez-vous, écartez de mes yeux l’iniquité de vos actes, cessez de mal faire. … Apprenez à bien agir, recherchez la justice; rendez le bonheur à l’opprimé, faites droit à l’orphelin, défendez la cause de la veuve. (Isaïe 1, 11-17)
*La Loi, dans la Tradition hébraïque, c’est la Torah, c’est le Pentateuque. Jésus accordait une grande importance au livre de la Torah et aux Prophètes.
**Le yod est la plus petite lettre en hébreu, ce qui donne tout son sens à cette parole de Jésus.

Dans la compréhension du personnage de Jésus, L’outil le plus important est l’étude, la recherche et la réflexion sur le texte. Photo by Rachel Strong
